Bon, quand on est à un arrêt de tram, que c'est les grèves et qu'on a une demi heure d'attente avant le prochain passage, on a de quoi faire. D'habitude, je me trimballe toujours avec un livre.
Sauf que cette fois, je me suis dit "J'aurais pas le temps !". Sauf que j'étais pas au courant qu'il y avait des grèves. Choupynette m'a déposée au parking du tram et est partie chez ma
grand-mère. Moi, j'ai fait quelques mètres avant de me rendre compte du temps que j'avais devant moi. Bon, il était cinq heures de l'après midi et je voulais faire beaucoup de choses. J'avais
intêret à me grouiller.
Il y avait des spécimens de la race humaine stupéfiants sur le quai. Une maman avec ses deux bambins. Vous voyez Vivian Jonhson dans FBI portés disparus ? Ben c'était elle, juste avec le
visage un chouillat plus fin. C'est la seule personne à m'avoir sourit. Franchement, j'ai trouvé qu'elle respirait la gaieté. Son premier gamin avait environ cinq ans et portait une casquette
Spiderman. Elle était à côté de la billeterie automatique. Moi j'étais plusà gauche sur les sièges. Entre elle et moi, un gars de 50 - 60 ans, manifestement excédé par la,longue attente que nous
subissons, nous, pauvres Montpelliérens. Bah, la vie citadine n'est pas parfaite ! La personne qui suit, c'est moi. Adolescente de 14 ans (suis-je obligée d'ajouter !) légèrement boutonneuse
(je dis légèrement parce que je met de la crème contre l'acné ces derniers temps.) qui tape un petit morceau de son prochain article de blog sur les mémos de son portable. Tout en se demandant
combien elle va payer pour sa prochaine amende de la médiathèque. Ben oui, Margoulette n'est pas régulière. C'est toujours quelques jours après la date limite que je me rends compte que je dois
rendre les livres. Du coup, j'ai droit à tout les coups à une amende. Pas très chère, juste deux ou trois euros. Mais c'est assez pour m'empêcher d'acheter le bouquin dont j'ai envie à
Polymômes.
Après moi, c'est un jeune couple (genre 17 ans, vous voyez le tableau, ça aurait été roulage de pelles à volonté si il n'y avait pas eu un élément supplémentaire à ce ménage). Le gars est un
fashion (ne pas prononcer "Fachieune" mais "fachion", ça accentue le ridicule de certains fashions qui se la joue trop "Wesh, jme la raconte"), la fille est aussi à la mode que lui. Lunettes
mouches, jupe ras-la-touffe en jean et débardeur blanc marqué Gucci en noir. En gros, c'est juste pour dire qu'elle porte de la marque. Mais où est l'élément Burberry ?? La fille avait eu un
petit chiot il y a trois jours. Alors le petit bébé à sa mémère a eu droit à son petit sac de voyage, au collier à pique et la laisse assortie. Le mec, Victor de son nom, (ils parlaient
tellement fort que j'ai entendu assez de détails pour en faire un plat de navets farcis au poisson, mais je vous épargnerai cette épreuve) était littéralement gaga devant la saussice sur pattes.
Ma foi, s'ils étaient heureux avec leur superfialité, ben je dis tant mieux, hein ?
Puis le tram est arrivé, enfin !!! Naturellement bondé, j'étais quichée (= serrée)pas loin de deux touriste chinoix. Petits, ma taille avec 5 ou 6 centimètres en plus, et je ne rigole pas !
Appareil photo autour du cou, lunettes de soleil et admiration totale devant les fesses de la jeune femme pas loin de nous. Je me suis fait violence pour ne pas éclater de rire devant tous
ces gens. Alors j'ai détourné la tête pour qu'on me voit. Pas eux en tout cas. C'est là que j'ai vu un charmant couple anglais qui papotaient. J'ai saisi quelques mots au vol mais pas assez pour
comprendre la moindre de chose.
Puis LA personne.
Le coup de la vieille aigrie avec ses préjugés.
"Les jeunes, c'esta pas poli. Aucune manière, insolents..." baragouinent-elles.
J'avais rien fait. J'étais debout, la main accrochée à la barre en fer en haut d'une banquette où Elle était assise. Le fou rire était passé et j'étais perdue dans mes pensées, en pensant à ce
livre que Yue Yin m'avait conseillé et que je comptais emprunter. Puis, gros tournant et je rentre le ventre pour pas trop l'écraser, cette femme. Je vous jure, elle a pris un air furieux, et m'a
repoussée à deux mains, de toutes ses forces. Je l'ai regardée avec des yeux ronds et outrés.
...relaax, take it eeeaaasyyy...
Son regard était plein de reproches. Comme si c'était moi qui avait créé le tournant ou brusqué les commandes du tram. C'était clair et net. Je suis adolescente, donc, je ne suis qu'une petite
garce étourdie et qui ne pense qu'à taguer les rideaux en fer des magasins. Pff... je voulais lui dire que c'était pas ma faute. Que non, elle n'avait absolument pas à me pousser violement alors
que je n'avais rien fait. Je suis restée bête, yeux équarquillés et bouche ouverte. Le temps de réfléchir à une phrase biens sentie, elle se levait pour sortir de la rame.Son sac à main à touché
de bras d'une femme avec ses deux enfants. Elle a dit "Oh, excusez-moi Madame" en lui adressant un sourire tout mielleux.
Et après, c'est ce genre de vieilles qui disent que les jeunes sont mal éduqués. On est peut être pas tous gentils, les ados, mais nous, on n'agresse pas par préjugés.
Vieille sorcière va ! Grrrr...
Bref, je n'ai pas trouvé Tibie Lolness à la médiathèque. Donc j'ai décidé d'aller à Polymômes. Pourvu qu'il reste assez d'argent pour un livre ! Mais non. J'ai tourné pendant une heure à lire les
résumés et j'ai capté un petit mini carton avec une étiquette : "Servez-vous". C'était un extrait de Uglies.
Je me suis presque enfuie du magasin. Non, non, je n'avais rien volé mais fallait que je me dépêche de rentrer. A l'arrêt de tram du Corum, c'était bondé. J'ai réussi à avoir une place grâce à
quelqu'un qui repartait chez elle à pied. Elle attendait depuis seize heures. En gros, c'était mal barré. Pendant que je commençait l'extrait de Uglies, un gamin jouait au singe et grimpait
sur les sièges. Il s'est glissé entre mon dos et la paroi en verre de l'abri. J'ai retenu une grimace en pensant à la bouche biiieeen baveuse qui devait maculer mon T-shirt tut blanc. J'arrivais
pas à lire alors j'ai abandonné. Au bout d'une heure à observer tout autour de moi, je me suis décidée à appeller Choupy pour qu'elle vienne me délivrer.
Uglies promettait une bonne lecture.
Alors mon Papa me l'a offert. Slurp ! Me suis régalée. C'était su-per.
Tally aura bientôt 16 ans. Comme toutes les filles de son âge, elle s'apprête à subir l'opération chirurgicale de passage pour quitter le monde des Uglies et
intégrer la caste des . Dans ce futur paradis promis par les autorités, Tally n'aura plus qu'une préoccupation, s'amuser... Mais la veille de son anniversaire, Tally se fait une nouvelle amie qui
l'entraîne dans le monde des rebelles. Là-bas, elle découvre que la beauté parfaite et le bonheur absolu cachent plus qu'un secret d'Etat : une manipulation. Que va-t-elle choisir ? Devenir
rebelle et rester laide à vie, ou succomber à la perfection ?
Source : Evene.fr
C'est un livre où on se sent rebelle. Le thème de la beauté est abordé. C'est un endroit où ce qui compte avant tout, c'est l'extérieur. Or, le peuple se fait manipuler. Les gens
subissent un espèce de lavage de cerveau où ils sont persuadés qu'ils sont moches. Jusqu'à en venir à se donner des surnoms entre eux tels que "Bigleuse", "Maigrichonne". C'est un sujet très
complexe, que Scott Westerfeld traite avec habileté.
On se dit que après tout, nous sommes tous beaux. De l'intérieur. Facile à lire, le début est calme puis l'action monte en crescendo. Tally s'est fait prendre au piège de son envie de beauté.
D'où on comprend que la superficialité ne sert à rien. C'est une personnage juste. Parce que souvent, les héros son beaux, gentil, généreux et possèdent nombre de qualités. Mais Tally est
une humaine, et ça se voit. L'histoire est passionante. A la fin, on reste sur sa fin. Le deuxième volume de la trilogie, "Pretties", sort en Novembre.
Il y a une histoire d'amour en arrière plan.
La fin est très suggestive, bref. Preparez-vous à cojiter !
Finalement, cette journée (c'était en juin quand même) n'étais pas si mauvaise. Parce que sans cet extrait, je n'aurais peut être pas lu Uglies !

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